Mon métier : mettre au travail les groupes qui ne sont pas acquis d’avance

Mon parcours

J’ai grandi en Alsace, dans une famille où on travaillait de ses mains. Mon père était horticulteur : quelqu’un qui sait qu’on ne force pas la croissance, mais qu’on crée les conditions. C’est peut-être là que j’ai appris, sans le savoir, ce que veut dire accompagner un groupe : préparer le terrain, tenir le cadre, et laisser les gens faire le travail.

J’ai d’abord fait des études scientifiques, en génie chimique et génie des procédés. J’en ai gardé un rapport très concret aux problèmes : on les regarde en face, et on cherche ce qui marche.

Puis j’ai managé, dans la production, le commerce, l’immobilier, et surtout à la tête d’un centre de loisirs LaserMaxx : l’équipe, les clients, le matériel, les entreprises qui venaient y organiser leurs séminaires. Mon moment préféré, c’était déjà le briefing avant que les joueurs entrent dans le labyrinthe : capter un groupe qui ne me connaissait pas, et l’embarquer en quelques minutes.

En quittant ce poste, je me suis fait coacher pour décider de la suite. C’est là que j’ai découvert ce métier. Je m’y suis formée chez Cohéliance à Strasbourg, école certifiée ICF. Du coaching, je suis passée à la formation de managers, puis au conseil.

Depuis 10 ans, c’est mon métier. J’ai co-écrit Animer à distance (Eyrolles), et j’enseigne à l’ENSGSI, école d’ingénieurs à Nancy.

Je ne viens ni d’une grande école de commerce ni d’un cabinet de stratégie. Je viens du terrain. C’est sans doute pour ça que je me sens à l’aise avec ceux qui y sont encore, et qui ont peu de temps et peu de patience pour la théorie.

La Boétie Partners

Je suis associée au sein de La Boétie Partners, une société de conseil indépendante réunissant 8 associés.
Ensemble, nous formalisons en permanence des « pratiques communes », que nous appelons « practices », à partir du réel des missions conduites chez nos clients. Ces pratiques augmentent notre efficience dans les missions, en disposant entre nous d’un langage et de réflexes communs.
Le collectif représente aujourd’hui près de 2,8 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une forte exigence sur la qualité des interventions.
Nous animons également un réseau métier de 27 consultants, que nous formons et accompagnons sur nos pratiques.

Cela me permet de :

confronter et enrichir mes approches
m’appuyer sur des regards complémentaires
et intervenir, lorsque c’est pertinent, dans des dispositifs plus larges

Ce que j’aime dans ce métier

Il y a deux moments que j’aime particulièrement.

Le premier, c’est la conception d’un dispositif : comprendre l’enjeu, structurer une journée, imaginer les bonnes séquences pour que le groupe avance vraiment.
Le second, c’est l’animation elle-même : être devant un groupe, sentir l’énergie collective, ajuster, embarquer les participants et créer les conditions pour qu’ils travaillent ensemble.

Et parfois, il faut savoir s’effacer. Ce n’est plus moi qui occupe la salle : c’est le groupe qui cherche ses propres réponses. Savoir quand prendre la place et quand la laisser, c’est peut-être le cœur de mon métier.

Ce que je crois

Trois convictions guident mon travail :

Les gens ont de bonnes raisons

Un participant qui résiste n’est pas un obstacle. Il a de bonnes raisons de réagir comme il le fait. Je commence par les entendre.

Assis trois heures, personne ne travaille vraiment

Alors je fais se lever, changer de place, parler à des gens qu’on ne connaît pas. Même dans un amphi.

S’accorder sur les solutions, pas sur les causes

Chercher qui a raison sur l’origine d’un problème épuise un groupe. Ce qui compte, c’est de décider ensemble d’actions que chacun reconnaît comme justes.

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